Bicentenaire de la naissance du fondateur de ROBIN

  • 15 Jun 2026

Nous fêtons cette année le bicentenaire de la naissance du fondateur de notre institution.

Plus précisément Jacques ROBIN est né le 29 juin 1826, à Solaize

C'est l'occasion de reprendre les articles de Michèle BRODURIES parus dans les bulletins de 2013 et de 1997 :


Article de 2013 :

Monsieur ROBIN

En 1872, deux ans après le désastre de Sedan (2 septembre 1870) et la fin du Second Empire.

La Troisième République a été proclamée. Elle va durer jusqu'en 1940... Adolphe THIERS en est Président (1871-1873).

À Vienne, petite ville de province de quelque 20000 habitants où l'industrie textile, le long de la Gère est florissante.

Le 2 octobre 1872, le curé de la paroisse ouvre l'École Saint Maurice, dite « le Petit séminaire», dans les locaux du presbytère, place Saint Paul, tout près de la Cathédrale. Il accueille trois élèves: Clovis DAVID en 8ème, Henri GUY en 8ème, et Désiré TRUMEAU en 8ème, pour deux professeurs, Monsieur NUSSBAUM, oratorien d'origine alsacienne et Monsieur MOLONY, basilien d'origine irlandaise, professeur d'anglais.

Ce curé de Saint Maurice, c'est Jacques-César ROBIN, surnommé Jacob. II est né le 29 juin 1826, à Solaize dans le canton de Saint Symphorien d'Ozon, dans la maison de ses parents, petits propriétaires terriens, près de l'église.II est le quatrième enfant de cette famille né après trois autres décédés. II aura une soeur, cinq ans plus tard, mais restera l'enfant chéri de sa mère, qui l'assistera toute sa vie.

II reconnaît lui-même qu'il n'a pas été un enfant parfait, et qu'il garde « le regret d'avoir été trop longtemps sans penser à Dieu ». Dès l'age de 7 ans, ii étudie le latin au presbytère de Solaize, puis poursuit au Collège de Feyzin, chez les Basiliens.

Des la classe de quatrième, il tient un Journal, « J'étais fier, exigeant, orgueilleux, plein de vanité... Pourquoi n'étais je pas sage? Ah c'est qu'on ne m'humiliait pas assez. J'étais le plus étourdi, le plus mauvais enfant du voisinage. La paresse, la légèreté me valurent bien des punitions. »

Mais vers l'âge de quinze ans, il est « touché par la grâce » et sa dévotion à Marie le conduit tout naturellement à vouloir être prêtre. Pendant les récréations, il ne pense plus qu'à réciter le chapelet avec l'un de ses camarades ! Bachelier en Lettres à 18 ans, ii prend la soutane des Pères Basiliens et devient professeur. II enseigne à Vernoux en Ardèche; à Annonay. Passe le baccalauréat de Sciences Physiques en 1847, puis celui de Mathématiques la même année; se retrouve avec une classe de 55 élèves en 1848... Ordonné le 21 juillet 1850, il célèbre sa première messe le 25, fête de Saint Jacques le Majeur.

II dirige dès 1854 le petit Séminaire du Rondeau, à Grenoble, jusqu'en 1859... et introduit parmi les activités, la course en char pour les « Jeux Olympiques du Rondeau »! II publie à cette époque un « Traite de !'éducation», dans lequel ii prône l'étude de la nature, qu'il partage avec ses élèves au cours de longues promenades.

De 1860 a 1864, il est a Solaize, pour assister le cure fatigué et malade. Ensuite à Vénissieux; puis archiprêtre à Villeurbanne alors dans l'arrondissement de Vienne où il arrive finalement en 1870.

II est chargé d'une Cathédrale en piteux état: un incendie s'est déclaré en 1867, le bâtiment est en ruine. Le curé Robin finance de ses deniers une partie des travaux mais un violent orage de  grêle brisera les vitraux en 1878... II se passionne pour les débris ayant échappé a l'incendie, en fait l'inventaire et publie en 1876 un ouvrage intitule « Recherches sur les précieuses Reliques de la Sainte Eglise de Vienne » (livre conservé à la Bibliothèque Municipale, transféré au Trente, médiathèque à l'Espace Saint Germain).

Le 2 octobre 1877, (date anniversaire de la fondation de l’école …) il organise une Fête Solennelle en l’honneur des Saintes Reliques : cinq évêques sont présents, le Procureur de la République … la messe est chantée par la chorale de Vienne sous la direction de Monsieur Massot (cela ne s’invente pas!) et la quête ne peut se faire sans difficultés tant la foule est compacte … Procession, pavois, drapeaux, musique du 5ème Régiment des chasseurs. Cette fête est grandiose et reste dans les mémoires. Le Chanoine Robin est aussi l’aumônier de l’armée en Garnison.

Le 2 octobre 1872, le chanoine Robin a ouvert le Petit Séminaire, et en 1873, ayant accueilli dix-sept élèves, il accomplit le pèlerinage promis à Notre Dame de Fourvière dès qu’il en aurait douze.

Pourtant les conditions matérielles sont précaires … « la pluie s’infiltre plus facilement que la lumière dans le dortoir » et les soucis nombreux.

Monsieur ROBIN s’interroge sur l’avenir de son école, doute du soutien des parents …

En 1875, il y a 55 élèves, mais les effectifs baissent l’année suivante ; cependant, le chanoine pense qu’un jour, il faudra déménager et il commence à prospecter pour l’achat d’un terrain, en compagnie d’Henri GUY, l’un des premiers élèves, retenant surtout celui des anciennes verrières, à l’angle nord du quai du Rhône (c’est le Robin Vienne d’aujourd’hui) ou celui du Clos Michoud ancien couvent des Cordeliers à Sainte Colombe (c’est le Robin Sainte Colombe d’aujourd’hui …) Malheureusement surmené, il tombe malade et meurt le 24 novembre 1878, à 52 ans, au presbytère.

Le 27 novembre 1878, ses funérailles sont gtandioses « une immense procession où se pressaient six mille personnes » « la foule couvre jusqu’au toit des maisons » avec une centaine de prêtres. Il est ensuite inhumé au cimetière de Solaize dans la chapelle qu’il a lui même fait construire et où repose toute sa famille.

Le 19 mars 1880, à peine deux ans plus tard, la première pierre de l’Ecole Saint Maurice est posée et bénite. Elle deviendra l’Ecole Robin, en hommage à son fondateur.

Le testament de Monsieur ROBIN a été signé le 18 janvier 1878, en l’étude de Maître VENARD. Il se termine par ces mots : « Maintenant que j’ai tout donné et témoigné ainsi mon affection pour les personnes et les œuvres ; j’exprime mon regret de n’avoir pas fait tout le bien que j’aurais pu et dû faire. Je demande pardon à Dieu et au hommes de mes nombreuses fautes. Je confie mon âme aux Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie . J’appelle à mon secours Saint Joseph et mon bon ange et m’abandonne à l’infinie miséricorde de Dieu ».

Son journal, tenu scrupuleusement, d’une écriture penchée, fine, traduit ses doutes et son humilité. Le 15 juillet 1865 : « j’ai à déplorer beaucoup d’infidélités à mes règlements précédents.

Il faut pourtant que je commence une fois à être un prêtre passable … Peut-être que mes infidélités précédentes viennent de la grande confiance que j’ai eu en mes propres forces. Je commence par protester de toute l’énergie de mon âme contre ce sentiment et par affirmer que je ne compte que sur Dieu ».

Lors de ses funérailles, l’évêque de Valence, Monseigneur COTTON en trace le portrait suivant :

« Le chanoine ROBIN fut un travailleur infatigable, un administrateur habile et un pasteur aussi intelligent que dévoué. Sous une apparence que l’on aurait pu qualifier de sévère et une physionomie qui dénotait une rare énergie, il cachait une bonté d’âme que tous ceux qui l’ont approché ont su vivement apprécier »

Ces quelques éléments certes incomplets de la vie du chanoine ROBIN, nous font découvrir le fondateur de notre école, celui auquel elle doit son nom.

Pour conclure, voilà ce qui figure sur le mémento – faire-part de son décès et qui me semble bien le résumer :

« Il était savant comme un docteur, simple comme un enfant »

Michèle BRODURIES Bulletin AFAE 2013 :


Article de 1997

Michèle BRODURIES Bulletin AFAE 1997 :

 

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